Zumbi dos Palmares (~1655 - 1695)

Zumbi Dos PalmaresZumbi Dos Palmares fut l'un des chefs de guerre les plus importants du royaume autonome des Palmares, fondé au XVIIesiècle par des esclaves insurgés dans le nord-est du Brésil.Il semblerait qu'il soit né aux alentours de 1655 dans une des communautés de Palmares. Vers 1662, alors qu'il est encore enfant, il est fait prisonnier par des soldats portugais aux frontières du territoire autonome. Par une chance inouïe, il n'est pas exécuté, mais livré au père Antonio Melo. Celui-ci le baptise et lui donne son nom chrétien : Francisco.

Il passe alors des années à aider le père Antonio à la messe et à apprendre le portugais et le latin. C'est aux alentours de 1670, ayant à peine quinze ans, qu'il s'enfuit et retourne à Palmares.
Dès 1675, âgé de vingt ans, il se révèle être un stratège et un chef militaire de qualité lors des luttes contres les soldats du sergent Manuel Lopes.

En 1678, Pedro de Almeida, gouverneur de la région du Pernambuco, propose aux insurgés de se rendre : en échange, le pardon leur sera accordé et ils pourront reprendre leurs travaux d'esclaves sans punition ni exécution. L'un des chefs de guerre, Ganga Zumba, accepte. Zumbi, qui ne peut tolérer une telle trahison, prend la tête de la résistance qui se met en place dès 1680. Selon certaines sources, il aurait assassiné Ganga Zumba, pour avoir collaboré avec les Portugais.

Avec le soutien d'une forte poignée d'insurgés, Zumbi résiste vaillamment durant une quinzaine d'années. Il devient une icône pour son propre peuple, et certains affirment qu'il est en partie humain et en partie habité par des esprits africains : des orixas (voir candomblé). C'est en 1694 que les commandants Domingos Jorge Velho et Vieira de Mello, appuyés d'une puissante artillerie, mènent un assaut destructeur sur les Palmares. Après de vaillants combats, Zumbi, gravement blessé, est contraint de prendre la fuite dans la jungle.

Le 20 novembre 1695, Zumbi meurt au combat dans la Serra Dois Irmãos.

Ce personnage reste une icône de la résistance anti-esclavagiste et anti-colonialiste, et un héros pour la communauté afro-brésilienne, le Brésil et l'Amérique latine en général. Le 20 novembre, anniversaire de sa mort, est considéré comme le jour de la conscience et de la résistance afro-brésilienne (consciência negra).